{"id":891,"date":"2025-12-05T07:34:52","date_gmt":"2025-12-05T06:34:52","guid":{"rendered":"https:\/\/anadel.fr\/?p=891"},"modified":"2025-12-06T11:07:32","modified_gmt":"2025-12-06T10:07:32","slug":"representation-du-corps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anadel.fr\/index.php\/2025\/12\/05\/representation-du-corps\/","title":{"rendered":"Repr\u00e9sentation du corps"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Sources et traditions<\/h2>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"pourquoi-le-corps-est-au-centre-des-images\"><strong>Pourquoi le corps est au centre des images<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019art occidental, le corps n\u2019est pas un sujet parmi d\u2019autres : il est au c\u0153ur m\u00eame de l\u2019id\u00e9e de repr\u00e9sentation. Repr\u00e9senter, c\u2019est toujours, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, repr\u00e9senter un corps &#8211; pr\u00e9sent ou absent, id\u00e9alis\u00e9, souffrant, d\u00e9sir\u00e9, sacr\u00e9 ou profan\u00e9. Cette centralit\u00e9 vient de deux grandes traditions qui se r\u00e9pondent : l\u2019h\u00e9ritage <em>gr\u00e9co\u2011latin<\/em> et l\u2019h\u00e9ritage <em>chr\u00e9tien<\/em>. Ensemble, ils ont fa\u00e7onn\u00e9 la fa\u00e7on de voir le corps, jusqu\u2019aux artistes du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-mythe-de-pline--amour-ombre-et-contour\"><strong>Le mythe de Pline : amour, ombre et contour<\/strong> <\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un vieux r\u00e9cit, rapport\u00e9 par Pline l\u2019Ancien (dans <em>Histoires Naturelles<\/em>), place l\u2019amour au point de d\u00e9part de la peinture. Une jeune fille, amoureuse, trace le contour de l\u2019ombre du visage de son amant sur un mur avant son d\u00e9part. Son p\u00e8re, le potier Dibutade, remplit ce dessin d\u2019argile et invente ainsi le premier portrait en relief. <sup>(*)<\/sup><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"659\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Dibutade1-659x1024.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-894\" srcset=\"https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Dibutade1-659x1024.webp 659w, https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Dibutade1-193x300.webp 193w, https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Dibutade1.webp 664w\" sizes=\"auto, (max-width: 659px) 100vw, 659px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><sub>Joseph Benoit Suv\u00e9e, <em>Dibutade ou l&#8217;origine du dessin<\/em>, 1791-1793<\/sub><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Trois id\u00e9es cl\u00e9s s\u2019en d\u00e9gagent :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>La repr\u00e9sentation na\u00eet du d\u00e9sir et du manque : figurer le corps, c\u2019est tenter de retenir quelqu\u2019un qui s\u2019en va, combler une absence.<\/li>\n\n\n\n<li>La forme vient de la lumi\u00e8re : c\u2019est l\u2019ombre projet\u00e9e qui donne la premi\u00e8re silhouette.<\/li>\n\n\n\n<li>Tout commence par une ligne : le dessin du contour, la &#8220;skiagraphie&#8221; (skia = ombre, graphe = \u00e9criture), est la base du volume.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Derri\u00e8re ce mythe se profile une pens\u00e9e magique tr\u00e8s ancienne : l\u2019image, l\u2019ombre ou le reflet sont comme un double du corps. Agir sur l\u2019image, c\u2019est toucher l\u2019\u00e2me. On retrouve cette id\u00e9e dans la m\u00e9fiance de certaines soci\u00e9t\u00e9s envers la photographie, accus\u00e9e de \u00ab voler \u00bb quelque chose de la personne.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"de-lombre-de-pline-au-miroir-de-narcisse\"><strong>De l\u2019ombre de Pline au miroir de Narcisse<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le dispositif d\u00e9crit par Pline &#8211; une ombre projet\u00e9e sur un mur &#8211; fait \u00e9cho au mythe de la caverne de Platon, o\u00f9 les ombres ne sont que des illusions, des simulacres. Pourtant, \u00e0 la Renaissance, ce r\u00e9cit sert \u00e0 d\u00e9fendre la primaut\u00e9 du dessin : c\u2019est au dessinateur qu\u2019il revient de &#8220;donner corps&#8221; \u00e0 la forme, que ce soit en peinture ou en sculpture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Plus tard, Alberti<sup> (*)<\/sup> propose un autre mythe fondateur : celui de Narcisse, fascin\u00e9 par son reflet dans l\u2019eau. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019histoire de Pline suppose un profil (l\u2019autre, vu de c\u00f4t\u00e9), Narcisse met en jeu le face\u2011\u00e0\u2011face (le m\u00eame, confront\u00e9 \u00e0 sa propre image). Dans les deux cas, la repr\u00e9sentation du corps repose sur un lien intime entre image, d\u00e9sir et identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"848\" height=\"565\" src=\"https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Narcissus-by-Caravaggio.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-897\" srcset=\"https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Narcissus-by-Caravaggio.jpg 848w, https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Narcissus-by-Caravaggio-300x200.jpg 300w, https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Narcissus-by-Caravaggio-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 848px) 100vw, 848px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><sub>Caravage, <em>Narcisse,<\/em> 1598-1599, Galerie Nationale d&#8217;Art ancien, Rome <\/sub><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-corps-idal--hritage-grcolatin\"><strong>Le corps id\u00e9al : h\u00e9ritage gr\u00e9co\u2011latin<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les Grecs, l\u2019art doit imiter le r\u00e9el (mimesis) et le corps masculin harmonieux sert de mod\u00e8le \u00e0 la beaut\u00e9. Les proportions du corps deviennent norme esth\u00e9tique, au point que L\u00e9onard de Vinci, avec l\u2019 <em>Homme de Vitruve,<\/em> montre que l\u2019on peut faire d\u00e9couler du corps humain les figures parfaites du cercle et du carr\u00e9. Le corps est ainsi \u00e0 la fois mesure, mod\u00e8le et justification de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"721\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Vitruvian_Man_by_Leonardo_da_Vinci-721x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-918\" srcset=\"https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Vitruvian_Man_by_Leonardo_da_Vinci-721x1024.jpg 721w, https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Vitruvian_Man_by_Leonardo_da_Vinci-211x300.jpg 211w, https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Vitruvian_Man_by_Leonardo_da_Vinci-768x1091.jpg 768w, https:\/\/anadel.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Vitruvian_Man_by_Leonardo_da_Vinci.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 721px) 100vw, 721px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">L\u00e9onard de Vinci, <em>l&#8217;Homme de Vitruve<\/em>, 1492, Milan<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><sub>(source photo : <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Homme_de_Vitruve\">Wikip\u00e9dia<\/a>)<\/sub><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"le-christianisme--un-dieu-qui-a-un-corps\"><strong>Le christianisme : un Dieu qui a un corps<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec le christianisme, un basculement majeur se produit : Dieu prend corps dans la figure du Christ. Le c\u0153ur de la foi chr\u00e9tienne repose sur un corps donn\u00e9 et partag\u00e9 &#8211; celui qui se rend pr\u00e9sent dans l\u2019Eucharistie (&#8220;Ceci est mon corps, ceci est mon sang&#8221;). La question devient alors : peut\u2011on, et comment, repr\u00e9senter ce corps\u2011l\u00e0 ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s des si\u00e8cles de conflits entre iconophiles et iconoclastes, l\u2019\u00c9glise affirme le droit de repr\u00e9senter le Christ. L\u2019argument est th\u00e9ologique : puisque Dieu s\u2019est rendu visible en J\u00e9sus, il devient l\u00e9gitime de figurer son visage. Le Christ poss\u00e8de une double nature &#8211; humaine et divine &#8211; mais son aspect humain est &#8220;circonscrit&#8221;, accessible au regard. L\u2019image n\u2019est pas un simple objet : elle est con\u00e7ue comme une fen\u00eatre vers l\u2019invisible.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"licne--fentre-vers-linvisible\"><strong>L\u2019ic\u00f4ne : fen\u00eatre vers l\u2019invisible<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour les d\u00e9fenseurs des images, l\u2019ic\u00f4ne n\u2019est pas une idole. Ce n\u2019est pas la mati\u00e8re qui est v\u00e9n\u00e9r\u00e9e, mais la pr\u00e9sence \u00e0 laquelle elle donne acc\u00e8s. L\u2019ic\u00f4ne est pens\u00e9e comme un seuil : bois et pigments, certes, mais surtout passage vers le monde divin. Si cette ouverture n\u2019op\u00e8re pas, il ne reste &#8220;qu\u2019une planche peinte&#8221;. La relation \u00e0 l\u2019image suppose une forme d\u2019empathie croyante, encadr\u00e9e par le rituel et la liturgie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, une v\u00e9ritable culture institutionnelle de l\u2019image se met en place parce qu\u2019il y a un corps \u00e0 repr\u00e9senter : celui du Christ. L\u2019ic\u00f4ne n\u2019en est qu\u2019une forme. Dans le monde catholique, la figure dominante est plut\u00f4t celle du Christ crucifi\u00e9, corps souffrant, et de la Vierge douloureuse. La douleur du corps devient langage spirituel : moyen de racheter le p\u00e9ch\u00e9, d\u2019entrer en dialogue avec Dieu. \u00c0 l\u2019inverse, le corps jouissant est associ\u00e9 au Diable. Entre ces deux p\u00f4les &#8211; souffrance et jouissance &#8211; se dessine toute une morale des usages du corps.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"les-stylites--mettre-son-corps-en-scne-pour-dieu\"><strong>Les stylites : mettre son corps en sc\u00e8ne pour Dieu<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant m\u00eame l\u2019art moderne et les performances contemporaines, certains croyants ont utilis\u00e9 leur propre corps comme sc\u00e8ne. C\u2019est le cas des stylites, ces moines du Ve si\u00e8cle qui vivaient perch\u00e9s sur des colonnes, dans les d\u00e9serts de Syrie. Sim\u00e9on le Stylite, figure embl\u00e9matique, se retire du monde en s\u2019\u00e9levant au-dessus de lui : je\u00fbne extr\u00eame, immobilit\u00e9, pri\u00e8res et prosternations sans fin, sous les yeux des foules qui viennent le voir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce geste est paradoxal : retrait radical, mais surexposition totale du corps. \u00c0 la diff\u00e9rence de l\u2019ermite cach\u00e9 dans une grotte, le stylite se place pr\u00e8s des routes, au vu de tous. Son asc\u00e8se n\u2019est pas pens\u00e9e comme &#8220;spectacle&#8221; au sens moderne, mais elle fonctionne d\u00e9j\u00e0 comme une mise en sc\u00e8ne : le corps devient une sorte de &#8220;preuve&#8221; vivante d\u2019authenticit\u00e9 spirituelle.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"du-stylite-au-performer--un-mme-enjeu-du-corps\"><strong>Du stylite au performer : un m\u00eame enjeu du corps<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si l\u2019on \u00e9vite l\u2019anachronisme, on ne peut pas dire que les stylites faisaient de la performance au sens artistique contemporain. Pourtant, leur pratique a quelque chose de commun avec les artistes\u2011performers : l\u2019id\u00e9e que le corps expos\u00e9, pouss\u00e9 \u00e0 ses limites, porte un message qui d\u00e9passe la simple apparence. Chez les moines, ce message s\u2019adresse \u00e0 Dieu et \u00e0 la communaut\u00e9 des fid\u00e8les ; chez les artistes, il vise plut\u00f4t la soci\u00e9t\u00e9, les normes esth\u00e9tiques ou politiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les deux cas, le corps devient un m\u00e9dium \u00e0 part enti\u00e8re, plus qu\u2019un simple motif. Il ne se contente plus d\u2019\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 : il est mis en jeu, risqu\u00e9, parfois martyris\u00e9, pour dire quelque chose d\u2019essentiel.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"ce-que-cela-change-pour-lart-du-xxe-sicle\"><strong>Ce que cela change pour l\u2019art du XX\u00e8me si\u00e8cle<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout ce parcours &#8211; du mythe antique de l\u2019ombre amoureuse jusqu\u2019aux corps crucifi\u00e9s ou asc\u00e9tiques du christianisme &#8211; p\u00e8se sur l\u2019art moderne et contemporain. Quand les artistes du XX\u00e8me si\u00e8cle &#8220;d\u00e9construisent&#8221; le corps, le fragmentent, le blessent ou le mettent en sc\u00e8ne dans des performances, ils h\u00e9ritent de ces traditions :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>De l\u2019Antiquit\u00e9, ils gardent l\u2019id\u00e9e que le corps est la mesure et le centre de la repr\u00e9sentation, m\u00eame lorsque cette mesure est contest\u00e9e.<\/li>\n\n\n\n<li>Du christianisme, ils reprennent le th\u00e8me du corps souffrant, expos\u00e9, sacrifi\u00e9, mais en le d\u00e9pla\u00e7ant hors du cadre religieux.<\/li>\n\n\n\n<li>Des stylites, ils retrouvent la puissance d\u2019un corps offert en spectacle, entre authenticit\u00e9 v\u00e9cue et dimension quasi th\u00e9\u00e2trale.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comprendre ces sources, c\u2019est voir que le corps, dans l\u2019art du XX\u00e8me si\u00e8cle, n\u2019appara\u00eet pas soudain comme un sujet nouveau : il arrive d\u00e9j\u00e0 charg\u00e9 de mythes, de croyances, de dogmes et de gestes extr\u00eames. Chaque image de corps moderne &#8211; bless\u00e9, fragment\u00e9, d\u00e9sir\u00e9, grotesque ou h\u00e9ro\u00efque &#8211; discute \u00e0 sa mani\u00e8re cet h\u00e9ritage ancien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sources :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>cours &#8220;Histoire de l&#8217;art &#8211; Repr\u00e9sentation du corps&#8221;, Michel Makarius<\/li>\n\n\n\n<li>Pline l&#8217;Ancien, Histoires Naturelles, Les Belles Lettres, 1997, p.133.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><sup>(*) <\/sup>Leon Battista Alberti, th\u00e9oricien et humaniste de la Renaissance<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alberti intervient pour&nbsp;remplacer le mythe de Pline par celui de Narcisse comme origine de la peinture.<a href=\"http:\/\/albertis-window.blogspot.com\/2009\/05\/alberti-and-narcissus.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><\/a>\u200b<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>L\u00e0 o\u00f9 Pline raconte l\u2019ombre de l\u2019aim\u00e9 trac\u00e9e sur un mur (profil, l\u2019autre), Alberti propose Narcisse, fascin\u00e9 par son reflet dans l\u2019eau (face\u2011\u00e0\u2011face, le m\u00eame), comme &#8220;inventeur&#8221; de la peinture.<a href=\"https:\/\/albertis-window.com\/page\/87\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><\/a>\u200b<\/li>\n\n\n\n<li>Pour Alberti, peindre revient \u00e0 &#8220;enlacer la surface de l\u2019eau&#8221;, c\u2019est\u2011\u00e0\u2011dire \u00e0 embrasser une surface r\u00e9fl\u00e9chissante : la peinture est li\u00e9e au miroir, au reflet, \u00e0 l\u2019illusion.<a href=\"https:\/\/l-art-en-tete.com\/2020\/10\/26\/art-and-mirror\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><\/a>\u200b<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alberti d\u00e9place le mythe fondateur de la repr\u00e9sentation du corps, de l\u2019ombre projet\u00e9e (Pline) vers le reflet sp\u00e9culaire (Narcisse), ce qui pr\u00e9pare toute une pens\u00e9e du tableau comme&nbsp;miroir du monde et de soi&nbsp;\u00e0 la Renaissance.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sources et traditions Pourquoi le corps est au centre des images Dans l\u2019art occidental, le corps n\u2019est pas un sujet parmi d\u2019autres : il est au c\u0153ur m\u00eame de l\u2019id\u00e9e de repr\u00e9sentation. Repr\u00e9senter, c\u2019est toujours, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, repr\u00e9senter un corps &#8211; pr\u00e9sent ou absent, id\u00e9alis\u00e9, souffrant, d\u00e9sir\u00e9, sacr\u00e9 ou profan\u00e9. 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