Acrylique sur toile, 80 cm* 80 cm, 2026
Dans cet espace architectural impossible, un échiquier tridimensionnel se déploie en un labyrinthe de marches suspendues et de plans instables. Cette peinture évoque la disparition progressive du monde intérieur de ma grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. L’espace pictural traduit la perte des repères et l’impossibilité de retrouver un sol stable où ancrer la pensée. Le format carré rappelle le plateau d’échecs, système d’ordre et de règles autrefois maîtrisé, devenu ici inopérant.
Au centre de la composition, une reine blanche se tient encore debout. Sa base se liquéfie pourtant en coulures bleues qui envahissent le damier fracturé sous ses pieds. Autour d’elle, des pièces noires spectrales se multiplient silencieusement, comme une menace diffuse.
À l’arrière-plan, une spirale de cases noires et blanches entraîne le regard vers un vide central. Les tonalités froides, les éclats de verre et les fragments de miroir suggèrent une mémoire qui ne parvient plus à recomposer une image unifiée du monde.
L’échiquier devient ainsi le théâtre d’un effondrement intérieur. Derrière une structure qui semble encore intacte se déploie un espace où les repères vacillent progressivement. La reine demeure présente, à la fois fragile et lumineuse, tandis que tout ce qui l’entoure bascule lentement vers la désorientation.